Retour sur le visionnage #3
Troisième film visionné par les élèves membres du club : Persepolis, long métrage d'animation français de Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi. Retour sur la séance...
Fiche technique du film
Titre : Persepolis
Genre : Drame / Animation
Réalisation/Scénario : Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi
Production : Xavier Rigault et Marc-Antoine Robert
Montage : Stéphane Roche
Durée : 95 minutes
Sortie : 27 juin 2007
Divers :
Présenté dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2007, le film y a obtenu le Prix spécial du jury. Il obtiendra également le Prix spécial du jury au Cinemanila International Film Festival 2007, le Prix du meilleur premier film et le César de la meilleure adaptation aux Césars 2008. Nommé aux Oscars en 2008, dans la catégorie Meilleur film d'animation (prix remporté par le film Ratatouille). Enfin, toujours en 2008, il reçoit le Globe de Cristal du Meilleur film.
Persepolis fut interdit de diffusion au Liban fin mars 2008 durant un temps, avant que la polémique nationale n'aboutisse à la levée de cette interdiction.
Synopsis
Téhéran, 1978 : elle a huit ans, songe à l'avenir et se rêve en prophète sauvant le monde. Choyée par des parents modernes et cultivés, particulièrement liée à sa grand-mère, elle suit avec exaltation les événements qui vont mener à la révolution et provoquer la chute du régime du Shah. Avec l'instauration de la République islamique débute le temps des "commissaires de la révolution" qui contrôlent tenues et comportements. Marjane, qui doit porter le voile, se rêve désormais en révolutionnaire.
Bientôt, la guerre contre l'Irak entraîne bombardements, privations, disparitions de proches. La répression intérieure devient chaque jour plus sévère.
Analyse
- La structure
Elle est différente dans la bande dessinée et dans le film. Les quatre tomes de la BD respectent la chronologie des événements, alors que l'adaptation cinématographique n'est pas aussi linéaire. En effet, le film est construit sur un flashback, encadré par trois scènes en couleur, formant ainsi une boucle. L'histoire et se termine sur une Marjane adulte qui se souvient de son enfance. Dans ce contexte, l'aéroport où elle se trouve représente alors le lieu de remémoration, invitant ainsi le spectateur, à l'instar de l'héroïne, à un voyage immobile, par la pensée, le souvenir.
- Les couleurs
L'utilisation des couleurs dans le film est très symbolique. En effet, les couleurs viennent mettre en évidence les quelques scènes du présent, s'opposant ainsi au récit du passé en noir et blanc.
- Le discours
On remarquera que la bande dessinée est beaucoup plus discursive que l'adaptation cinématographique. En effet, le texte est très présent dans la bande dessinée. La place importante accorde au texte, associée à un dessin simple et sobre, permet de mettre davantage l'accent sur le fond que sur la forme, sur l'histoire plutôt que sur le graphisme et l'esthétique. Cette importance du discours est également présente dans le film même si, pour des raisons évidentes de transposition sur un support visuel (l'écran), le phénomène est moins flagrant.
Cela dit, on aura remarqué une similitude entre le film et la bande dessinée. Lors de la scène de la fête, interrompue par l'arrivée de la patrouille, les hommes s'enfuient sur les toits. L'un d'eux se tuera d'ailleurs en voulant suivre ses camarades. Que ce soit dans le film ou dans la BD, cet épisode est muet (absence de paroles dans le film, absence de bulles dans la BD), ce qui permet d'intensifier le drame de la situation, ainsi que d'exprimer la stupeur.
L'avis des élèves membres
Une multitude de références sont apportées sur la "vraie Histoire", sans que ce soit ennuyant. J'ai aimé l'humour. C'est une bonne adaptation, même s'il y a des différences. Mais celles-ci participent à la réussite du film. Le rendu visuel est sobre mais très bien. Le doublage n'est pas mal non plus.
[Clément F.]
J'ai bien aimé le film Persépolis. J'ai aimé l'originalité du graphisme et le côté biographique du film. On peut remarquer que le film est en noir et blanc, sauf lorsqu'il s'agit du "présent". La musique rythmait bien les scènes. Le film commence et se termine par le souvenir de la grand-mère, lorsqu'elle explique à l'héroïne comment elle fait pour sentir bon.
[Morgane N.]
