Retour sur le visionnage #2

Publié le par Mlle Devillard, documentaliste

Deuxième film visionné par les élèves membres du club : Le Tombeau des lucioles, manga animé japonais d'Isao Takahata. Retour sur la séance...

 

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Fiche technique du film

 

Titre : Le Tombeau des lucioles (Hotaru no Haka)

   Genre : Drame historique                                     Scénario : Akiyuki Nosaka                    

   Réalisation : Isao Takahata                                  Production : Studios Ghibli

   Montage : Seyama Takeshi                                   Durée : 1h28

   Musique : Mamiya Michio                                     Sortie : 16 avril 1988

  

Divers :

   Le film est composé de 54 660 dessins, de 304 couleurs. En 35 jours, il a attiré 802 000 spectateurs dans les salles (avec Mon Voisin Totoro). Il aura fallu 12 mois pour le réaliser (d'avril 1987 à avril 1988) et aura coûté plus de 3 millions d'euros.

Box-office (Japon) : 588 millions de yens, soit plus de 5 millions d'euros (toujours couplé avec Totoro).

Il a reçu, au festival du film de Moscou, le fameux Prix Unicef pour son message de paix.

Il fut présenté, pour la première fois en France, en 1992 au Festival de Corbeil, en présence du réalisateur, puis projeté en juin 1994 au Festival de Paris.

Il ne sortira d'abord que dans deux salles d'art et d'essai parisiennes le 19 juin 1996 (avec quand même 40 000 entrées à son actif). La presse n'est pas enthousiaste et le film garde donc l'anonymat.

Il fait beaucoup plus de bruit par la suite et est diffusé sur Canal+ le 26 mai 1999.

 

 

Synopsis

 

Japon, été 1945. Après le bombardement de Kobé, Seita, un adolescent de quatorze ans et sa petite soeur de quatre ans, Setsuko, orphelins, vont s'installer chez leur tante à quelques dizaines de kilomètres de chez eux. Celle-ci leur fait comprendre qu'ils sont une gêne pour la famille et doivent mériter leur riz quotidien. Seita décide de partir avec sa petite soeur. Ils se réfugient dans un bunker désaffecté en pleine campagne et vivent des jours heureux illuminés par la présence de milliers de lucioles. Mais bientôt la nourriture commence cruellement à manquer.

 

 

Genèse

 

Au départ, Le Tombeau des lucioles est une nouvelle semi-autobiographique, écrite en 1967 par Akiyuki Nosaka, romancier, chanteur, parolier japonais et ancien membre de la chambre des conseillers.

Akiyuki Nosaka est orphelin de mère quasiment dès sa naissance (le 10 octobre 1930). Son père le confie alors à une famille d'adoption, ce qu'il ne découvrira qu'à l'été 1945, à la mort de ses parents adoptifs lors des bombardements américains. Il a alors seulement 15 ans, et en est réduit à faire du marché noir et à voler pour survivre, dans les décombres d'un Japon traumatisé. Sa petite sœur finira par mourir de malnutrition.
Il rentre ensuite en maison de correction. Un jour, son père biologique, alors vice-gouverneur de province, refait surface. Il peut dès lors faire des études, qu'il abandonne rapidement pour exercer toutes sortes de petits métiers (laveur de chiens...), allant même jusqu'à vendre son sang. Il finit par devenir parolier, scénariste, journaliste, romancier, novelliste, essayiste, mannequin de mode, manager d'un club de rugby... et même sénateur pour quelques mois avant de démissionner.

En 1967, alors qu'il a 37 ans, Akiyuki Nosaka écrit une nouvelle intitulée La Tombe des lucioles, pour laquelle il reçoit le Prix Naoki en 1968.
Il s'agit d'un récit en grande partie autobiographique. Deux gosses (un grand frère et sa petite soeur) tentent de survivre pendant la Seconde Guerre mondiale, dans les bombardements américains, sans leur mère décédée. L'auteur se garde bien de donner un quelconque espoir au lecteur : le texte commence par la mort du grand frère. Le récit est très dur, malgré quelques (rares) passages poétiques.

 

 

Analyse

 

   - Isao Takahata

 

Il est né le 29 octobre 1935 à Ise (Japon). Il est le dernier d'une famille de 7 enfants.

Il étudie la littérature française à l'Université de Tokyo et obtient son diplôme en 1959. Dès lors, il décide de devenir animateur et rejoint les studios d'animation Toei, fondés en 1956.

Il débute comme assistant metteur en scène. C'est alors qu'il rencontre Hayao Miyazaki, à travers le syndicat des animateurs du studio.

Il fait ses début en tant que réalisateur sur des épisodes de la série TV Ken, l'enfant-loup.

En 1965, il est choisi pour mettre en scène le premier long-métrage d'Otsuka : Horus, prince du soleil (film référence qui marque un tournant dans l'animation japonaise, utilisant un ton plus adulte que les oeuvres précédentes du studio).

En 1971, il quitte la Toei avec Miyazaki pour rejoindre le studio A Production, mais lorsque son camarade démissionne, Takahata continue à l'aider pour produire Conan le fils du futur. En remerciement, Miyazaki l'invite à rejoindre le studio Ghibli.

Toujours curieux des productions étrangères, il est à l'origine de la distribution des films d'animation français Kirikou et Les Triplettes de Belleville.

Le Tombeau des lucioles fut son premier film réalisé par le studio Ghibli.

 

   - Le contexte historique

 

Le film est une représentation très documentée du Japon de 1945, durant la Guerre du Pacifique : blocus du Japon par les Américains, bombardements massifs et souffrances dont la population civile est victime (rationnement, malnutrition, insalubrité...)

L'action se passe à Kobé, durant les derniers mois du conflit.

Suite à l'attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941, le Japon mène l'essentiel des combats décisifs dans le Pacifique contre les Etats-Unis.

La ville de Kobé est une cible privilégiée, étant un grand port industriel et militaire.

Le 17 mars 1945, 307 B-29 (B pour Boeing, le plus grand bombardier de la Seconde Guerre mondiale) américains déversent 2300 tonnes de bombes incendiaires sur Kobé, qui s'embrase. Dans les heures qui suivent les bombardements, des pluies noires tombent sur la ville. Kobé est dévastée, ainsi qu'Osaka et Nagoya.

S'en suivront le largage des bombes atomiques sur Hiroshima le 6 août 1945, et sur Nagasaki le 9 août.

 

   - Découpage séquentiel

 

Le film ne suit pas l'ordre chronologique. En effet, on observe trois temps.

L'action commence dans la nuit du 21 septembre 1945 : le double fantomatique de Seita revoit son agonie. Il retrouve alors l'esprit de sa petite soeur et remonte dans le passé.

Dans un deuxième temps, on assiste à un flashback : les deux enfants fuient les bombardements, cherchent leur mère, apprennent sa mort, vont chez leur tante, s'enfuient à nouveau, et se réfugient finalement dans un abri où leur misère et leur déchéance les mènera à la mort de Setsuko.

Dernier temps du film : Après l'incinération de Setsuko, on retrouve le double fantomatique de Seita, assis sur un banc, qui est finalement rejoint par celui de sa soeur.

 

 

L'avis des élèves membres

 

"Bon film, émouvant. Décors tristes et beaux à la fois [...]" (David)

 

 

"A la fois merveilleux et terrible. J'ai bien aimé le graphisme et la musique [...]" (Morgane)

 

 

"J'ai apprécié l'histoire "adulte" et son contexte, la mise en scène (on commence par la fin), la musique, le symbolisme. Les couleurs sont bien choisies, tant d'un point de vue esthétique que symbolique [...]." (Clément)

 

 

Tous ont été d'accord pour dire que la même histoire n'aurait pas eu le même effet sur le spectateur si elle avait été filmée avec de vrais acteurs. Les dessins sont ronds, colorés, presque enfantins, ce qui contraste d'autant plus avec la thématique abordée et les scènes dures (morbides et à la limite du choquant).

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Publié dans Visionnages

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