Block 109

Publié le par Kévin

 

Block 109 - V. Brugeas (scénario) et R. Toulhoat (dessin)

Paru aux éditions Akileos en février 2010

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Présentation de l'éditeur

 

Après avoir détruit l'Occident, le IIIe Reich agonise à son tour sous les coups de l'Armée Rouge. Pour Zytek, le maître de l'Allemagne, il ne reste qu'une seule solution : une attaque virale majeure.
Malgré le refus du Haut Conseil, le virus provoque déjà des ravages dans les ruines de Marienburg. Les contaminés, transformés en monstres sanguinaires, s'attaquent aux soldats isolés des deux camps. Seule l'escouade du sergent Steiner parvient à s'échapper d'une funeste rencontre.
Ce dernier et ses camarades sont-ils la dernière chance de l'humanité ? Et quel est véritablement l'objectif de Zytek, l'omnipotent seigneur du Reich ?

 

 

En images...

 

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L'avis de notre lecteur (Kévin)

 

      Jamais l'histoire de la Seconde Guerre mondiale n'aura autant été sollicitée ces dernières années. Par exemple au cinéma, si l'on retient bien plus souvent Inglorious Basterds, La Rafle du Vel d'Hiv et L'Armée du crime sont deux exemples de création française venant enrichir une fresque déjà riche de cette époque troublée. Block 109 ne déroge pas à la règle, mais s'appuie sur une construction et des ingrédients nettement différents.


     22 mars 1941, Munich. Hitler est assassiné. La découverte de l'énergie atomique par les chercheurs allemands cause l'éradication du Royaume-Uni, et des USA. Seul reste l'ours communiste à l'est, ultime adversaire aux portes d'une Allemagne en ruines et fidèle à un obscurantisme orwellien. Ultime ai-je dit ?

Réécrire l'histoire sur cette base serait vu comme original, quoique peut-être limité. Non, la force de cet ouvrage ne vient pas de là. Lutte pour le pouvoir du Reich, complot omniprésent, sédition naissante, les auteurs revendiquent un aspect plutôt thriller politique très noir. L'authenticité des traits des dignitaires nazis, et le choix de construire un univers démesurément complexe et détaillé, découle davantage d'une logique esthétique plutôt que d'une volonté de coller à la chronologie historique.

 

      Exosquelettes, zombies anthropophages, Block 109 est définitivement un titre fantastique. Un paysage d'horreur post-apocalyptique sur fond de luttes meurtrières remaniées, rien n'est laissé au hasard. Dès les premières pages, la base de l'intrigue apparaît comme ébranlée, démantelée au profit de retournements monumentaux, résultats d'une « folie scénaristique » de la part de Brugeas atteignant son paroxysme. Aucun répit pour les neurones, et encore moins pour les yeux.

 

    Avoir un coup de crayon suffisamment précis et neuf pour modéliser cette histoire fut le travail de Ronan Toulhoat. Pari réussi, avec, en plus, un trait significatif et immédiatement reconnaissable que déjà de nombreux fans ont sûrement assimilé, comme le firent leurs aînés devant les travaux d'Hugo Pratt. On joue sur un mélange puissant : crayon, pastel et aquarelle. Le premier outil modélise des visages, marqués encore par les essais de croquis, comme si le travail était encore sur la table du créateur. Le deuxième durcit les traits des personnages, aussi sombre que le fusain et tout aussi impénétrable. Le dernier est d'autant plus apprécié qu'il est rare, s'occupant de couleurs disséminées sur quelques pages, le monde de Block 109 restant majoritairement dans une dominante de brun-gris, façon bistre. A certains moments, les travaux sont susceptibles de rappeler ceux de Yoji Shinkawa, illustrateur japonais de la série Metal Gear Solid, ou encore ceux de Hiroyuki Okiura.

 

MGSIllustration de Yoji Shinkawa pour Metal Gear Solid

 

jin-roh-copie-1.jpgJin Roh de Hiroyuki Okiura (1999)

 

     Immersif, violent, troublant, le tout sans être très onéreux (compter 18 € pour 200 pages), Block 109 est pour moi une perle rare, à ne pas mettre entre toutes les mains néanmoins : même s'il n'est pas nécessaire d'avoir des connaissances précises, on réservera cette lecture aux plus âgés, car il faut malgré tout être capable d'ouvrir son esprit à ce monde loin de tout sens commun, pour profiter pleinement de la richesse de l'opus.

 

      Même si le roman graphique est un one shot(tout se conclut à la fin, pas de suite à attendre), les créateurs ont voulu jouer le jeu à fond et prévoient de sortir d'autres volumes, recouvrant des événements indépendants de la trame principale, mais se déroulant durant la période 1937-1953. Étoile Rouge est le premier de ces opus, en rayon depuis juin 2010.

 

etoile-roiuge.jpgCouverture d'Étoile Rouge

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Publié dans Soyons critiques !

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